Essai pour la formulation d´une éthique médicale globale

Gerald Neitzke, Brigitte Lohff
Départment d´histoire, éthique et théorie de la médicine,
école supérieure de la médicine Hannovre/Allemagne (dir.: Prof. Dr. B. Lohff)

et

Andreas Schapowal
Association des médecins de Davos/Suisse

Préambule

L´action médicale responsabilisée présuppose la conscience d´une base éthique. Ceci est valable dans toutes les civilisations, aussi pour les médecins à notre époque déliés de la religion. L´éthique du médecin respectera les valeurs de sympathie, d´amour du prochain, de compassion, de tolérance, d´équité et observera la déclaration universelle des droits de l´homme des nations unies et la déclaration d´Helsinki conjointement aux directives de l´assemblée mondiale des médecins de même que la promesse de Genève.

Questions à débattre: Une éthique globale est-elle possible? Les représentants des religions y souscriraient-ils? Quelles sont les sources d´une activité responsable moralement?

Affirmations

Thèse 1: La santé de l´individu est le but essentiel de l´activité du médecin. L´indépendance et la dignité de la personne doivent être préservés en permanence.

Commentaire: Il s´ensuit que la préservation des désirs de la communauté ne nuira pas à l´intégrité des membres individuels. Celui-ci estimera lui-même la nécessité, le moment, et la portée de l´aide médicale (offrant de préserver ou de renouveler la santé). Le patient décide indépendemment; sa dignité présupposant son autonomie, on doit respecter sa décision. Si, pour une certaine raison, il ne peut exprimer son souhait, le choix que l´on estime être le sien prévaudra comme mesure: on suppose comme fondement ce qu´il est censé vouloir, même si l´indépendence de son vouloir est malade.

Questions à débattre: La préservation de la santé est-elle sous la responsabilité personelle? L´aide médicale dépendra peut-être de l´observance des devoirs (bonne alimentation, alcool, drogues ou loisirs dangereux); la communauté punira-t-elle certains comportements excentriques? Quelle est la portée d´une décision individuelle envers l´entourage (considération du patient pour ses proches, sa société, les valeurs de sa culture). Comment reconnaître l´indécision?

Thèse 2: „Vie“ et „mort“ sont des notions qui ne doivent pas être réservés aux médecins: Pour cela un discours social est nécessaire.

Commentaire: Les concepts „vie“ et „mort“ enferment moins des définitions que plutôt une expérience individuelle obtenue personellement; bon nombre de questions de médicine éthique dérivent de la réponse donnée à la vie originaire: fructification, nidification, dévelopment du systéme nerveux, naissance, conscience...ou à la vie en sa fin: syndrome apallique, cessation de l´activité cérébrale ou cardiaque, rejet de la communauté. Y-a-t-il de par le monde des similitudes dans les notions de la vie et de la mort, autorisant une éthique médicale généralisée? Une définition inadéquate aux valeurs, à l´attitude d´un patient, aux sentiments des personnes de l´entourage et du personnel soignant n´aurait pas été soutenable.

Questions à débattre: Quelles formes de pensée sont-elles apportées par les grandes religions et la médecine, précisant la compréhension „vie/mort“. La croyance à l´au-dela et la réincarnation influent-elles sur le discours éthique? Se sentant responsable envers soi ou pour une divinité transcendante, quelle en est la conséquence?

Thèse 3: Possédant une équivalence pour ces conceptions de vie et mort, les droits devraient s´adapter à un état déterminé de son cours.

Commentaire: Quelle sera la protection des hommes dans le parcours de leur existence: les embryons seront-ils traités autrement que les adultes? Comment estimer les divergeances à d´autres âges? Déclinons un traitement défavorable dû à la croyance, à la à la religion, au genre, et selon l´origine, selon les différentes castes, une maladie persistante ou probable.

Questions à débattre: Quelle réglementation s´appliquera-t-elle relativement à l´euthanasie, à l´avortement, pour l´état comateux conscient ou non? Des considérations financières (coût de la thérapie intensive, dépenses à l´âge avancé) interviendront-elles lors des décisions prolongeant la vie? Quel rôle peuvent jouer les médecins lors de l´édification et las transformation du contrôle démographique? Comment justifier les mesures en politique de croissance ou de limitation? Comparons l´interruption de grossesse et la fertilisation in vitro. Accordons-nous dans les méthodes de stérilisation, de thérapie intrautérine et de mère adoptive. Les procédés discriminatoires en diagnostique prénatale, aux tests de gènes, aux examens de ceux-ci seront-ils écartés pour l´assurance et les employeurs de manière sûre étant dangereux. En applicant ces techniques, n´arrivera-t-on pas à la manipulation du matériel génétique hérité, pour préférencier certaines capacités héréditaires?

Thèse 4: Le médecin s´engage socialement.

Commentaire: Les devoirs du médecin seront-ils réduits à l´élaboration du diagnostic et le traitement de l´affection particulière? L´OMS désigne la santé en tant qu´état de bien-être parfait aussi bien sur le plan social que mental, physique et sentimental. Si c´est l´objectif du personnel médical de préserver ou conquérir cet idéal auprès de la majorité, alors l´engagement en société sera partie de l´activité médicale: assurer un système de santé efficace en son propre pays, amener de meilleures conditions de travail, même quant aux ressources de santé à distribuer ou un environnement viable. Les recoupements avec d´autres disciplines (sciences sociales, politiques, science naturelles) ne gèneront pas l´intégration des positions médicales en un discours interdisciplinaire.

Questions à débattre: La définition proposée par l´OMS serait-elle le but inatteignable, mais à chercher à concrétiser? Dans quelle mesure l´engagement sociopolitique se concilie-t-il à l´acte de soigner? Quel genre d´influence les médecins peuvent-ils exercer quant au social?

Thèse 5: Conjointement à la thérapie, les devoirs de la médecine estimeront davantage les domaines prévention/prophylaxie et pallation.

Commentaire: La médecine occidentale considère la thérapie en tant que „vaincre la maladie“, à cause de sa compréhension historiquement développée. L´incapacité d´accepter et d´accompagner le processus de la mort produit un problème de morale. L´entière personalité du médecin sera sollicitée dans sa compassion aux nécessités de la personne souffrante et mourante, avec sa sympathie à ses souhaits. D´autre part c´est aussi le devoir renforcé des médecins d´être actifs avant l´apparition d´une maladie dans la pensée de la préservation de la santé. Il faudra gagner davantage de connaissance dans les domaines de la prévention et en prophylaxie, les transformant en capacités pratiques.

Questions à débattre: De quelle manière les devoirs de combattre la souffrance complètent l´accompagnement des souffrants? Le phénomène de la souffrance sera-t-il accueilli en tant que composante existentielle de la vie humaine, de manière à échapper à un traitement thérapeutique contraint, sans être proie du nihilisme? Quelle sorte d´engagements en politique de l´environnement est inclus en l´idée de prévention (circulation routière, bruit, électro-smog, changements de climat généraux, matières nuisibles dans l´air, le sol, l´eau, les alimants)? Comment transformer les mesures de prévention, prophylaxie en réalité en garantissant la liberté personelle - voir thèse 1?

Thèse 6: La médecine est une discipline en mutation. La diversité et la transparence sont des présupposés obligatoires. Les expériences de médecine biologique sont soumises aux conventions universelles, garantissant l´approbation des participants.

Commentaire: Puisque les changements des conditions sociales transforment ce que on attend de la médecine, la recherche médicale est obligatoire. Les possibilités de diagnostic et de thérapie seront changées ou renouvelées permettant un progrès de qualité différent de l´évolution aléatoire. La science se comprendra ouverte à d´autres procédés et recherches, étant pluraliste. L´objectif ne doit pas être seulement défini par les médecins mais au contraire, il doit s´harmoniser aux patients à venir en élaborant sa recherche. En médecine, celle-ci demande l´assentiment (consentement éclairé) personnel: au moins elle ne devrait pas nuire aux patients, si ceux-ci ne peuvent y assentir, ou aider celui, qui souffre de la même manière. La recrudescence de falsifications dans les publications de science est à rejeter aussi en morale.

Questions à débattre: Un savoirs gagné par réductionisme se laissera-t-il appliquer au phénomène holistique de l´état de santé du malade? Les thérapies réductionnistes participent-ils à la Salutogenèse, forces de guérison de soi? Comment déterminer par des procédés empiriques occidentaux une médecine globaliste telle qu´Ayur-veda, médecine tibétaine et chinoise, ous ses compléments (phytothérapie, homéopathie)? Comment prouver l´efficacité de la thérapie pour la guérison (elle en est cause)? Les conditions sévères de la recherche, nécessaire en médicamentation, auront-elles valeur en chirurgie opératoires? Le débit d´informations quant aux nouveautés médicales menace-t-il l´acte responsable des médecins, et comment assurer leur formation continue? De quelle manière développer de nouvelles techniques à insérer dans le diagnostic et la thérapie, sans intérêt de gain?

Thèse 7: L´amélioration des rapports avec le patient présuppose la qualité de l´attitude envers soi du personnel soignant.

Commentaire: Un système de santé qui met en danger la santé des médecins et infirmiers employés en celui-ci, s´avère inefficace et improductif. Participer à la souffrance des malades présuppose la capacité de sentir son propre corps: ce doit être un modèle pour le patient, la manière dont on percoit ses propres nécessités en esprit, corps et âme. Ainsi on pourra agir sur les conditions de vie du malade. La médecine a le devoir de favoriser les infrastructures d´un travail viable à une digne thérapie. La collégialité entre médecins fait naturellement partie de meilleures conditions de travail, n´étant point entravée de facteurs économiques - les phénomènes de „burn-out“ rencontrés seront examinés en vue de les résoudre.

Questions à débattre: En quel sens les structures hiérarchiques de la santé, qui empêchent sa compréhension en tant qu´organisme à éléments complémentaires, défavorisera-t-elle humanité et efficacité? Promouvoir de par le monde un système réformé accessible à l´ensemble des participants se fondra sur des mesures à préciser. Portée de teams thérapeutiques de supervision (Balint) pour favoriser son activité thérapeutique en groupe personelle.

Thèse 8: Le personnel médical est responsable envers sa conscience, son état, son patient: en son ensemble pour l´éthique.

Commentaire: La conscience personnelle est l´instance principale des décisions particulières. Un code à élaborer devra contenir la possibilité de sanctions: il se trouvera inclus dans les constitutions du métier de médecin d´après le pays. Ce code corrigera donc la conscience grâce à ses mesures selon le droit pénal et du métier, garantissant le respect du code médical.

Questions à débattre: Un climat communautaire sera-t-il créé, où malgré les sanctions juridique, les erreurs de thérapie seront reconnues en vue d´apprendre par une délibération publique? On tâchera d´écarter les contraintes financières, d´entreprise et d´autres questions sociales de la portée des décision de conscience.